Le financement des applications mobiles

Proposer des mises à jours aux utilisateurs d’apps iOS. Pourquoi ? Comment ?

 

Commençons d’abord par le pourquoi et énonçons l’évident :

Une application informatique, qu’elle soit sur iOS, Mac OS ou autre OS a besoin d’évoluer ; elle a encore plus besoin d’être maintenue. 

Pourquoi le besoin de maintenance ? Car les OS évoluent.

Depuis le 29 juin 2007 (date de naissance de l’iOS, qui ne s’appelait pas encore ‘iOS’) à la date du jour (23 nov. 2012), il y a eu environ 45 mises à jour de l’iOS et 6 versions majeures. Chaque nouvelle mise à jour de l’iOS a le potentiel de rendre obsolètes ou légèrement dysfonctionnelles telle ou telle API (librairie de développement). Un jour vous découvrez que votre page ne scroll plus automatiquement vers le haut, un autre jour votre librairie préférée de support des réseaux sociaux ne se loggue plus, etc … Et votre application que vous avez développées avec beaucoup de soin et à grands frais prend un coup de vieux. Il faut la lifter !

L’éditeur a donc besoin de maintenir son application tout en la faisant évoluer. Et plus l’application prend de l’importance, gagne en surface et plus elle a besoin d’être maintenue. L’éditeur a donc très vite de consacrer à son application un ou plusieurs développeurs. Les développeurs ont besoin d’être rémunérés et l’application a donc besoin d’un flux continu de finances pour vivre.

OR LES MISES A JOUR D’APPLICATIONS SUR L’APP STORE SONT PROPOSEES A L’UTILISATEUR DE MANIERE GRATUITE.

Quelles sont, alors, les sources de financement (la monétisation) dont peut bénéficier une application ?

Listons les : la vente d’applications complètes, les achats intégrés (consommables, non consommables, abonnements), les revenus de la pub (bandeaux splash et liens en tout genre : iad, admob et régies spécialisée), le sponsoring.

Examinons donc tour à tour les différents modèles :

  • La vente d’applications complètes : 

Ce modèle suppose que vos utilisateurs existants obtiennent toutes les mises à jour gratuitement et que seuls les nouveaux clients en achetant l’application apportent financent à la fois l’évolution ET la maintenance de l’application. L’application est donc condamnée à vivre sur un marché d’acquisition de nouveaux utilisateurs. Si nous prenons l’exemple d’une application de niche, telle notre application CONSTRUCTION (application dédiée aux calculs du béton armée et de la résistance de matériaux), la saturation du marché est une hypothèse tout à fait réaliste. En effet, vous avez rapidement informé les ingénieurs, architectes et autres spécialistes de la construction de l’existence de l’application. Au bout de 2 ans d’existence de l’application, parmi ces derniers, ceux qui ont un iPhone ou iPad et qui sont prêts à investir 25 euro dans l’acquisition de l’application ont déjà fait leur achat. Le nouveaux clients (étudiants qui deviennent professionnels, acheteurs d’iphone, etc …) sont-ils en nombre suffisant pour soutenir le développement et la maintenance de l’application ? Nous pouvons en douter.

  • Les achats intégrés de type consommable : 

Ce modèle suppose que vos clients commencent par télécharger une version Lite gratuite et qu’ils effectuent un achat intégré (achat à l’intérieur de l’application ou bien encore in app purchase) pour débloquer la totalité des fonctionnalités. L’achat de type consommable par nature est … consommable. C’est à dire que si l’utilisateur refait le même achat sur l’App Store, le montant de son achat lui est débité à nouveau. Quand est ce que cet achat devient nécessaire à nouveau ? C’est au développeur de décider. L’achat intégré peut être valable pendant une période de temps (par exemple pendant un an) ou bien être valable sans limite de temps. Dans ce dernier cas, l’utilisateur devra effectuer son achat à nouveau à partir du moment où il change de matériel ou bien s’il désinstalle son application ou bien encore s’il acquiert un nouvel appareil iOS et qu’il souhaite y installer le SOFT. Les acheteurs accepteront-t-‘ls de repasser à la caisse pour un ensemble d’applications qu’ils possèdent à chaque renouvellement de matériel ? Encore une fois, rien n’est moins sûr.

  • Les achats intégrés de type non-consommable :

Un achat non consommable est un achat que vous pouvez restaurer gratuitement sur tous vos devices dans la mesure où vous passez par le même compte sur iTunes.

Ce type d’achat – comme l’achat d’application complète –  implique la possession d’une application maintenue à vie. Une aberration ! Connaît-on dans nos économies modernes de tels produits ? La rolex, et quelques autres produits de super luxe, tellement onéreux que la maintenance à vie devient tout à fait concevable fournissent les rares exceptions à la règle.

  • Les achats intégrés de type abonnement (subscriptions) :

Les abonnements sont la solution idéale pour un modèle économique viable. En effet, l’utilisateur verse à l’éditeur de manière régulière et tant que dure sa satisfaction un montant représentant une fraction du prix total de l’application. Parfait pour l’éditeur car lui garantissant un revenu constant qu’il peut affecter à l’amélioration et la maintenance de l’application, intéressant pour l’utilisateur qui paie un montant étalé dans la durée et qui a également en échange une sorte de garantie de pérennité de son application. Cette notion de pérennité est importante pour les utilitaires, les outils professionnels et les applications addictives.

  • Les revenus de la publicité

0.20 $ par mille. Pour une application professionnelle de type utilitaire, voici les chiffres : pour 10,000 usagers on peut avoir environ 1000 connexions à l’application par jour. Les revenus de la pub iAD ? 0.2$ par 1000 requêtes.

on pourrait espérer de telle application 1 dollar par jour. Impressionnés ? Ce n’est pas comme ça que vous financerez une application professionnelle. Il s’agit du même combat pour iAds ou Admobs. Il ne faut pas espérer financer une application sérieuse avec ces régies grand public.

  • Le sponsoring

Le sponsor d’une application a un intérêt à voir paraître et exister votre application. L’application fournit peut-être un service complémentaire aux produits et services du sponsor, par exemple.

La possibilité de cette option dépend du contenu et de l’environnement économique de l’application. Ce modèle a pour désavantage de dépendre totalement du bon vouloir de votre sponsor.

Que votre sponsor change de priorité et vous n’avez plus qu’à arrêter net le développement de votre application.

Mot de la fin 

A ceux qui se demandent comment financer le développement et la maintenance d’une application d’envergure sur l’app Store, nous espérons avoir fourni quelques éléments de réponse.

Et faites bien attention aux choix que vous faites dès le démarrage, sauter d’un modèle à l’autre n’est pas chose facile. Vous risquez de perdre vos utilisateurs pendant le saut 🙂

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